Chronologie historique du pays de Bannalec : la préhistoire

Présentation La préhistoire De l'age de bronze à l'arrivée des bretons Le moyen age Le duché de Bretagne Les temps modernes Révolution et Empire 19 ème siècle 20 ème siècle


L'Homo Habilis, le premier à fabriquer des outils, apparait en Afrique il y a environ 2 Millions d'Années. Mais en Bretagne, les première traces de l'homme remontent à environ 700 000 ans. Nous sommes alors au Paléolithique, qui durera jusqu'à 10 000 avant JC; c'est une période caractérisée par de longues phases de glaciation séparées par des périodes de réchauffement. Durant les épisodes froids le niveau des mers descend jusqu'à 150 mètres en dessous du niveau actuel (on parle de régression marine) : la Manche est alors à sec). La région est inhospitalière, balayée par des vents froids, la limite des glaces se situant juste au Sud des Iles Britanniques.

La Bretagne est peuplée dès cette époque de chasseurs de cerfs et de mammouths. Ces hommes vivent sur les côtes parfois dans des zones qui sont aujourd'hui submergées; l'intérieur du Finistère semble avoir à cette époque été peu peuplé sinon désert.


- 700 000 Paléolithique inférieur: les premières colonies humaines
biface de l'Acheuléen Supérieur

Au Paléolithique inférieur (700 000 avant JC - 250 000 avant JC), vit en France l'Homo Erectus lui même descendant de l'Homo Habilis africain. Il est arrivé en Europe à une date mal établie vers 1 000 000 av JC. Son représentant le mieux conservé en France est l'Homme de Tautavel.

Il se caractérise par l'utilisation de galets aménagés puis par l'industrie du biface (l'Acheuléen). Le biface est un caillou dont les deux faces ont été aménagées pour servir d'outil. Faconné essentiellement, mais pas seulement, dans le silex, sa forme est souvent ovoÏde. Ses arêtes ont été si nécessaires retouchées pour améliorer leur tranchant. Sa taille lui permet généralement d'être utilisé avec une main (on a observé que les droitiers étaient déjà majoritaires). Le biface permet de trancher, découper et racler la peau.

L'homme de cette époque est nomade; il pratique la chasse en utilisant déjà des lances primitives, dont on a retrouvé quelques exemplaires.


- 250 000 Paléolithique moyen : l'Homme de Néandertal

Durant le Paléolithique moyen (250 000 avant JC - 35 000 avant JC) apparait en Europe l'homme de Néandertal (Homo Neandertalis) et la culture qui lui est associée : le Moustérien.

L'homme de Néandertal, est une évolution de l'Homo Erectus propre à l'Europe qui est apparue à une époque ou notre continent était isolé du reste de l'Eurasie par une barrière de glaces qui s'étendait au Nord , sur les Alpes et sur les Pyrénnées. L'apparition de l'Homme de Néandertal est une réponse de l'évolution au climat très rude.

L'homme de Neandertal a des caractéristiques physiques qui le différencient nettement à la fois de ses prédécesseurs et de ses successeurs : il était doté d'une capacité cranienne supérieure à l'homme moderne, d'arcades sourcilières proéminentes, d'un menton effacé et d'une charpente osseuse particulièrement robuste. Il s'agit d'un cousin et non d'un ascendant de l'homme moderne.

Il est néanmoins le premier homme à pratiquer un rituel funéraire élaboré avec inhumation du défunt. Il apprend à domestiquer le feu.
Sa technique de fabrication des outils est beaucoup plus sophistiquée que celle de sont ancêtre : ses outils en pierre, aux formes et usages plus variés, sont fabriqués à partir d'éclats détachés à l'aide d'un percuteur en bois ou en os sur le bloc des silex qui a été au préalable préparé.



- 35 000 Paléolithique supérieur : l'Homme Moderne
Le Paléolithique supérieur débute à l'arrivée dans nos contrées de l'Homme Moderne(Homo Sapiens). Venu de l'Est (Asie ou Afrique ?) il a profité d'une amélioration temporaire du climat vers 35 000 avt JC pour coloniser l'Europe. Il cohabite avec l'Homme de Néandertal jusqu'à l'extinction de ces derniers vers -30 000 en Espagne.
On ne sait pas aujourd'hui s'il y a eu métissage entre les 2 espèces.
Les raisons de l'extinction de l'Homme de Néandertal ne sont pas connues précisément : elles sont souvent mises sur le compte d'une moindre capacité à s'adapter aux changements climatiques que son concurrent l'homme moderne.

Maximum glaciaire au Paléolithique Supérieur Le Paléothique Supérieur correspond à la dernière grande glaciation et se situe entre 35 000 et 10 000 ans avant notre ère.

Durant cette période le climat est généralement rigoureux avec des épisodes plus chauds. Le Nord de la France est occupé par la toundra - un terrain dépourvu d'arbres et couvert de lichens et mousses - auquel succède, en descendant vers le Sud, la taïga - forêt peu épaisse constituée de pins et de bouleaux nains-. Dans les vallées abritées , durant les épisodes climatiques les plus tempérés, on trouve des feuillus.

Cette végétation peu dense est le royaume des herbivores : aurochs - un ancêtre de grande taille de nos vaches -, cheval, rhinocéros laineux, mammouth, bison, antilope Saïga. Durant les épisodes les plus froids abondent les rennes. Tous ces herbivores sont chassés par 2 carnivores concurrents de l'homme : le lion des cavernes et l'hyène.

L'ours brun et l'ours des cavernes occupent les vallées boisées.


L'homme chasse ces animaux avec des sagaies (il n'a pas encore inventé l'arc) et en les piégeant.


L'Homo Sapiens, dont le représentant le plus connu est l'homme de Cro Magnon, apporte dans toute l'Europe des pratiques complètement différentes de ses prédécesseurs, plus sophistiquées.

Plusieurs cultures vont se succéder durant le Paléolithique Supérieur dont les principales sont :

Les chevaux de la grotte Chauvet 30 000 av JC, Ardèche L'Aurignacien (-38 000 à - 29 000) est caractérisé par ses sagaies aux pointes d'os et sa production artistique rupestre. C'est l'époque de la Grotte Chauvet (illustration ci contre), qui illustre bien le saut "quantique" fait par l'Homme Moderne par rapport à son prédecesseur qui, lui, n'avait laissé aucune production artistique.

Le Gravétien (- 29 000 à - 22 000) est connu pour ses statuettes aux formes féminines particulièrement exacerbées.

Le Solutréen correspond à la période du maximum glaciaire (-22 000 à - 17 000). Le Nord de la France est sans doute abandonné par l'homme. Cette culture est propre au Sud Ouest de la France et à l'Espagne. Elle est caractérisée par une taille du silex particulièrement sophistiquée et un art pariétal original que l'on trouve dans la grotte Cosquer dont l'entrée était à l'air libre durant cette période de régression marine. L'aiguille à chas est inventée à cette époque.

sculpture en bois de renne de l'époque magdalanéenne La culture du Magdalénien se développe de -17 000 à - 10 000 et coincide avec une période de réchauffement coupée de rechutes. Le propulseur se généralise, l'homme découvre le harpon. Cette culture est célèbre pour son art pariétal dont les plus belles oeuvres connues ont été découvertes dans la grotte de Lascaux.

Le paléothique supérieur s'achève avec la disparition du renne et du rhinocéros laineux due au réchauffement; c'est la fin de la culture du Magdalénien.
- 10 000 La période mésolithique
La période mésolithique couvre la transition climatique comprise entre la fin de la dernière glaciation et l'installation du climat chaud qui permettra la sédentarisation de chasseurs devenus cultivateurs. C'est le début de la période interglaciaire de l'Holocène dans laquelle nous nous situons encore aujourd'hui .... en attendant la prochaine glaciation.

La fonte des glaces, amorcée à compter de 16 000 av JC, entraine une remontée par paliers du niveau des mers de -120 m jusqu'au niveau actuel atteint vers 5 000 av JC. (-55 m il y a 10 000 ans, -37 m il ya 8 000 ans, -23 m il y a 6 000 ans). La côte, qui se situait à la limite du plateau continental recule parfois de 100 km pour occuper la position que nous lui connaissons. La Grande Bretagne devient une ile vers - 8 000 (jusqu'à cette date elle était encore reliée au Nord de la France par le Pas de Calais).

Dans le Finistère Sud, les vallées de l'Aven, la Belon et la Laïta, surcreusées pour atteindre un niveau marin nettement inférieur, sont noyées par la remontée des eaux marines. Aujourd'hui, malgré l'envasement progressif de ces vallées, la partie aval de ces petites rivières est toujours envahie par la mer (sur les premiers kilomètres de l'Odet il n'y a pas loin de 15 mètres de fond), conséquence lointaine de la régression marine.

L'homme doit s'adapter au bouleversement induit par le changement climatique. L'outillage fait peu de progrès. Les activités artistiques semblent peu développées.

Les forêts de chêne commencent à couvrir la France en se subsituant aux conifères. Les bovidés et les cervidés se multiplient.

L'intérieur de la péninsule bretonne est de plus en plus occupé par l'homme.
- 5 000 La civilisation néolithique
Durant cette période, le mode de vie de l'homme se transforme radicalement : il se sédentarise en construisant des maisons en bois, domestique la nature en cultivant des plantes et devient producteur en élevant des animaux. Des nouveautés technologiques apparaissent : le polissage de la pierre, la poterie, le tissage, la vannerie et l'utilisation d'instruments agricoles tels que la meule et la faucille. Les céramiques et les outils en pierre polie donnent lieu à un important commerce (ateliers de Plussulien (Côtes-d'Armor), au nord-ouest de Mûr-de-Bretagne, où sont produites des millions de hâches en dolérite).
haches de prestige en pierre polie, Arzon Morbihan


En Bretagne et dans le Finistère, l'architecture mégalithique est le phénomène le plus remarquable pour cette période. Elle est le fait d'un courant de civilisation qui partant de l'Espagne a suivi la côte atlantique jusqu'à l'Angleterre (Stonehenge). Les différents types de monuments mégalithiques par cette civilisation sont :
  • Les dolmens sous cairn sont des sépultures collectives


  • les tumulus, des sépultures individuelles


  • les alignements sans doute des sites religieux


  • Le cairn , grande architecture de pierre, est une construction à destination principalement funéraire, recouvrant des tombes collectives, familiales ou tribales.


  • L' allée couverte est une sépulture longue d'une vingtaine de mètres avec un couloir et une ou plusieurs chambres, composés de grandes dalles reposant sur des supports en pierre. A l'origine, les allées couvertes étaient protégées par des tumulus. On y trouve des figurations en relief (haches, paires de seins ou déesses-mères) comme sur les dalles de Gavrinis (56).


  • Les menhirs du breton (maen hir : pierre longue) sont les monuments mégalithiques les plus nombreux en Bretagne. On en compte plusieurs milliers dont 3000 dans la seule région de Carnac (56).
    Les menhirs peuvent être d'une hauteur allant de 1,5 à 11 mètres et peser plusieurs tonnes. Le menhir de Locmariaquer (56) mesurait 20 mètres et pesait 280 tonnes. Leur signification demeure incertaine : lieux de sépulture, points de repères, lieu de rassemblement, bornes d'itinéraires, repères astronomiques ?
==> En savoir plus : site consacré aux mégalithes du Morbihan